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Du 19 au 22 février, la foire Investec Cape Town accueille pour la première fois une artiste dont le travail puise autant dans les archives personnelles que dans l’histoire des représentations noires et transgenres. Maty Biayenda, Franco-Namibienne diplômée de l’ENSAD Paris en 2023, y dévoile une série inédite de peintures et d’œuvres textiles.

Née en Namibie en 1998 d’une mère française et d’un père congolais, Maty Biayenda a grandi à Angoulême avant de se former aux Ateliers de Sèvres puis à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Son univers plastique, qu’elle décrit volontiers comme un kaléidoscope, mêle peinture sur toile et sur bois, impressions sur mousseline, vidéo et installations.


Pour cette nouvelle série présentée à Cape Town, l’artiste explore des influences en apparence contradictoires mais qu’elle conjugue avec une étonnante fluidité. On retrouve dans ses compositions la précision des miniatures et la densité narrative des œuvres de Bosch ou de Bruegel, où chaque détail semble appeler le regard. Parallèlement, ses figures évoluent dans un climat plus onirique, évoquant l’univers sensible et troublant de Leonor Fini ou de Dorothea Tanning.
« Entre minutie et matière légèrement diluée, presque impressionniste, sa peinture affirme une féminité forte et sensible, jouant de l’idée d’être vu sans se montrer tout à fait. »
Cette tension entre le visible et le caché traverse l’ensemble de son travail. Depuis ses premières recherches sur l’objectivation des corps noirs féminins et la notion de fétichisme, Maty Biayenda constitue une archive visuelle inédite. Ses personnages — reines de beauté du New York des années 1980, transformistes caribéennes du cabaret parisien Madame Arthur, ou encore amies saisies dans l’intimité du quotidien — habitent ses toiles comme une famille choisie, une sororité.


Les œuvres exposées à la foire sud-africaine, parmi lesquelles Two Kicks Are Better Than One, Porte Bleue, ou encore Pas vue pas prise (2025), témoignent de cette attention portée aux gestes évocateurs, aux regards en coin, aux mimiques savamment orchestrées. La palette de l’artiste — bruns poudrés, beiges dorés, mauves violacés, noirs bleutés — engage également une réflexion sur le colorisme, concept forgé par Alice Walker en 1983.
Cette participation à Investec Cape Town revêt une dimension particulière pour l’artiste : c’est la première fois qu’elle expose sur le continent africain, elle qui est née en Namibie. À cette occasion, Maty Biayenda sera interviewée par le média namibien Kosmos, en compagnie de Jean-Louis Knouwds, le mercredi 18 février.
Son parcours récent est marqué par une exposition personnelle au FRAC Île-de-France (Le Carrousel, 2025), une participation à l’exposition collective Joie Collective – Apprendre à flamboyer ! au Palais de Tokyo, ainsi qu’une présence remarquée à Art Paris. Ses œuvres font partie des collections du FRAC Occitanie et du 19M à Aubervilliers.
Informations pratiques
Investec Cape Town Art Fair
19 – 22 février 2026
Galerie Double V (Marseille / Paris)
contact@double-v-gallery.com
www.double-v-gallery.com