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Du 20 février au 20 septembre 2026, la Cité de l’Économie à Paris accueille une exposition aussi séduisante que dérangeante : All Inclusive, consacrée à l’œuvre de la photographe canadienne Kourtney Roy.
Couleurs saturées, lumières parfaites, piscines scintillantes et motels pastel : à première vue, les images de Kourtney Roy ressemblent à des publicités pour agences de voyage. Mais c’est précisément là que réside la subtilité de son travail. Derrière cette surface séduisante, l’artiste glisse des failles, de légers décalages, des indices de fiction qui viennent troubler l’illusion et faire vaciller le rêve touristique.
Formée à l’Emily Carr University de Vancouver et à l’École des Beaux-Arts de Paris, Roy est avant tout une metteuse en scène de sa propre image. À travers ses autoportraits hyper réalistes et cinématographiques, elle incarne une vacancière idéale — glamour, artificielle, légèrement absurde — qui évolue dans des décors aussi fascinants qu’inquiétants.
« Je préfère employer cette sorte de nihilisme dans mon travail parce que le monde est un foutu mystère incompréhensible et obscur », confie l’artiste. Une déclaration radicale, qui donne le ton de l’exposition.

All Inclusive présente trois ensembles photographiques majeurs, chacun explorant une facette différente du phénomène touristique.
The Tourist, réalisée à Cancun et Miami — hauts lieux du tourisme de masse — rejoue avec humour les codes du glamour balnéaire. Roy s’y met en scène en vacancière idéale, évoluant dans des décors saturés d’artifices où quelques éléments authentiques viennent troubler la perfection de la mise en scène.
Sorry, No Vacancy, photographiée au Texas, ouvre sur des paysages désertés qui évoquent ces destinations ultra-touristiques devenues fantomatiques hors-saison. Ces paysages de cinéma, traversés par une silhouette solitaire, interrogent l’impact du tourisme sur les territoires qui en vivent.
Entre deux mondes (In Between Worlds), commande de la BNF, embarque le spectateur à bord d’un ferry en Méditerranée. Dans cet espace clos et presque hors du temps, croisiéristes et travailleurs se côtoient, l’intimité collective côtoie l’anonymat, et la frontière entre réalité et imaginaire se brouille.

Si le travail de Kourtney Roy n’est pas un discours économique — il suggère, évoque, déplace le regard — la Cité de l’Économie, fidèle à sa mission de rendre les grands équilibres du monde accessibles à tous, a choisi d’y adosser une lecture rigoureuse du phénomène touristique.
Car les chiffres parlent d’eux-mêmes : le tourisme représente près de 10 % du PIB mondial et un emploi sur dix à l’échelle de la planète. Depuis les années 1960, son essor a été spectaculaire — et ses externalités le sont tout autant. Inégalités d’accès au voyage, impact environnemental du tourisme de masse, transformation des territoires les plus attractifs, influence du marketing sur nos désirs d’évasion : autant de questions que l’exposition invite à explorer, à travers panneaux thématiques, podcasts et espaces de lecture.
« À travers le regard singulier de Kourtney Roy, nous poursuivons la mission de la Cité de l’Économie : rendre l’économie vivante et accessible en la reliant aux expériences du quotidien », résume Vida Konikovic, directrice générale du musée.
All Inclusive s’inscrit dans la saison culturelle « On refait le monde ? », qui explore les multiples visages de la mondialisation : migrations, dérèglement climatique, échanges culturels et soft power. Une programmation ambitieuse, dont cette exposition constitue l’un des temps forts.
Kourtney Roy – All Inclusive Du 20 février au 20 septembre 2026 Cité de l’Économie – Hôtel Gaillard, 1 place du Général Catroux, Paris 17e Métro : Malesherbes / Villiers / Monceau / Pont Cardinet (lignes 2, 3, 14) Plus d’informations : citeco.fr