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Du 27 juin au 15 novembre 2026, la Fondation Marguerite et Aimé Maeght à Saint-Paul-de-Vence consacre une grande exposition à Ellsworth Kelly (1923-2015), figure incontournable de l’art américain du XXe siècle. Intitulée « Aux bords de l’eau », elle explore pour la première fois le rôle fondateur de l’élément liquide dans la création de l’artiste — une clé de lecture aussi inattendue que révélatrice.
UN THÈME LONGTEMPS RESTÉ DANS L’OMBRE
On connaît Ellsworth Kelly pour ses grandes toiles monochromes aux formes géométriques épurées, ses panneaux de couleur pure, ses sculptures d’acier qui défient l’espace. Mais derrière cette abstraction souveraine se cache une observation méticuleuse du monde sensible — et en particulier de l’eau. C’est ce paradoxe fondateur que vient éclairer l’exposition de la Fondation Maeght, imaginée par Éric de Chassey, commissaire invité et l’un des plus grands spécialistes de l’artiste.
Tout au long de sa vie, Kelly a entretenu une relation quasi obsessionnelle avec l’élément liquide. Océans, mers, fleuves et rivières ont alimenté son regard : il a séjourné à Belle-Île en Bretagne, sur l’Île Saint-Louis à Paris, à Giverny, à Sanary, sur la Côte d’Azur, à Coenties Slip à New York, ou encore à Saint-Martin aux Antilles. Autant de lieux où l’eau a nourri ses carnets de croquis, ses collages, et finalement ses œuvres les plus ambitieuses.
« Dans mes peintures, je n'invente pas ; mes idées proviennent
d'une investigation constante de l'apparence des choses. »
— Ellsworth Kelly, 1991L’EAU COMME MÉTHODE, PAS SEULEMENT COMME MOTIF
L’originalité de cette exposition réside dans sa double approche : iconographique et méthodologique. Il ne s’agit pas simplement de montrer que Kelly a peint des vagues ou des reflets — il n’en a d’ailleurs jamais peint de manière littérale. L’enjeu est de comprendre comment la contemplation de l’eau a structuré sa façon de voir et de traduire le réel en formes abstraites.
Car pour Kelly, les paysages aquatiques recèlent des paradoxes visuels fascinants : une surface apparemment plane qui dissimule une profondeur et une complexité spatiales infinies ; une immobilité perpétuellement en mouvement sous l’effet des vents et des courants ; une étendue qui donne l’impression d’un infini toujours délimité par des bords. Autant de tensions formelles que l’artiste va saisir, distiller et transformer en peintures, sculptures et collages d’une puissante abstraction.
Dans ses collages notamment — souvent réalisés à partir de cartes postales ou de fragments photographiques —, les formes abstraites et colorées semblent littéralement émerger de la surface liquide, comme si l’eau était le laboratoire originel de ses compositions. Ces œuvres sur papier, souvent méconnues, constituent l’une des révélations de l’exposition.

PLUS DE CENT ŒUVRES POUR UNE RELECTURE INÉDITE
Réalisée en partenariat étroit avec le Studio Ellsworth Kelly, l’exposition rassemble plus d’une centaine d’œuvres allant des très grands formats — peintures murales et sculptures monumentales — aux plus intimes formats carte postale. Peintures à l’huile, gouaches, dessins au crayon, collages et sculptures forment un panorama complet de la carrière de l’artiste, relié par le fil rouge de l’eau.
Éric de Chassey, qui a consacré plusieurs expositions et de nombreux textes à l’œuvre de Kelly, signe ici ce qu’il décrit lui-même comme « un moyen extraordinaire de comprendre en profondeur la méthode de travail de l’artiste » — un motif unique et fondamental, souvent peu explicite dans les œuvres finales, mais central dans le processus créatif.

KELLY ET LES MAEGHT : UNE AMITIÉ DE TOUTE UNE VIE
La Fondation Maeght n’a pas choisi Ellsworth Kelly par hasard. Les liens entre l’artiste et la famille Maeght remontent à 1948, lorsque le jeune Kelly revient en France grâce à une bourse du G.I. Bill, obtenue pour sa participation au Débarquement de Normandie en 1944. Il est très rapidement exposé à la Galerie Maeght à Paris, et séjourne à plusieurs reprises dans la maison familiale de Saint-Paul-de-Vence. Son amitié avec Adrien Maeght perdurera jusqu’à la fin de sa vie en 2015.
Cette exposition s’inscrit ainsi dans la continuité d’une relation artistique et humaine longue de sept décennies, et témoigne de la vocation profonde de la Fondation : mettre en lumière les artistes qui ont façonné l’histoire de l’art moderne et contemporain.

UNE « SAISON AMÉRICAINE » EN GUISE D’ÉCRIN
Pour accompagner l’exposition, la Fondation Maeght a conçu une vaste programmation culturelle baptisée « saison américaine », mêlant concerts, performances et rencontres autour de la création américaine. Duke Ellington, Sun Ra, Philip Glass… autant d’artistes dont les œuvres dialoguent avec l’univers de Kelly, dans un programme qui célèbre la richesse et la diversité de la culture des États-Unis.
Un catalogue d’exposition, dirigé par Éric de Chassey et publié aux éditions de la Fondation Maeght, viendra compléter le projet — une contribution annoncée comme importante à l’histoire de l’art, qui devrait faire référence pour les chercheurs et amateurs d’art.
En parallèle de l’exposition principale, qui occupera tout le rez-de-jardin du bâtiment historique, la Fondation présentera également dans son extension une sélection de chefs-d’œuvre de sa collection permanente (plus de 13 000 œuvres), ainsi qu’une exposition dossier mêlant photographie et mode.
INFORMATIONS PRATIQUES
Exposition : Ellsworth Kelly – Aux bords de l’eau
Dates : 27 juin – 15 novembre 2026
Lieu : Fondation Marguerite et Aimé Maeght
623 chemin des Gardettes, 06570 Saint-Paul-de-Vence
Commissaire : Éric de Chassey
Site web : www.fondation-maeght.com