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Expression(s) décoloniale(s) #3 jusqu’au 13 novembre 2023

Dans le cadre de la troisième édition de l’événement Expression(s) décoloniale(s), le musée d’histoire de Nantes offre un regard novateur sur ses collections, dans le but de remettre en question nos perceptions et nos imaginaires coloniaux. Tout récit historique étant une construction subjective, reflétant un point de vue sur soi et sur les autres, les musées d’histoire ne font pas exception à cette règle.

Il est essentiel de prendre conscience que de nombreux objets et documents présentés dans nos musées portent en eux une vision coloniale. À une époque où il est nécessaire de repenser l’histoire de l’Humanité comme une histoire connectée à l’échelle mondiale, il est primordial de décrypter le regard porté sur ces pièces au moment de leur acquisition, de les questionner et de prendre conscience de l’influence qu’elles exercent sur nos connaissances et notre imagination.

C’est pourquoi le musée d’histoire de Nantes invite, dans le cadre de cette manifestation, un artiste et un historien africains à dialoguer avec ses collections. L’artiste camerounais renommé Barthélémy Toguo investira les espaces du musée avec son œuvre engagée, établissant un lien puissant entre le passé et le présent. Ses créations abordent les déséquilibres fondamentaux du monde contemporain, les inégalités structurelles qui le caractérisent, ainsi que les discriminations qui en découlent. Toguo explore également les héritages mémoriels, tout en célébrant la vitalité et la force de la vie. Présentant une vingtaine d’œuvres, l’artiste apporte une dimension urgente à cette nouvelle édition de la manifestation, celle de l’action.

Né au Cameroun en 1967, Barthélémy Toguo a été formé dans différentes écoles d’art en Côte d’Ivoire, en France et en Allemagne. Aujourd’hui, il expose ses œuvres diverses à travers le monde, utilisant des matériaux robustes et fragiles. Chacune de ses créations témoigne de son engagement précoce et constant en faveur des grandes causes humanitaires et écologiques, donnant une voix aux personnes privées de celle-ci.

Dans un esprit d’hospitalité, Barthélémy Toguo a souhaité associer cinq autres artistes à cette manifestation. Jean-François Boclé (Martinique), Moreira Chonguiça (Mozambique), Rosana Paulino (Brésil), Monica Toiliye (République démocratique du Congo) et Kara Walker (États-Unis) se joignent ainsi à lui. Qu’ils soient peintres, vidéastes, sculpteurs, performeurs ou musiciens, chacun de ces artistes résonne avec l’histoire dans les salles du musée. Leurs œuvres abordent les héritages, les mémoires, les douleurs du passé, tout en cherchant à les dépasser.

La présence de ces artistes crée une autre forme de confrontation avec la réalité, donnant naissance à un dialogue qui n’exclut aucune part de notre sensibilité. chateaunantes.fr