Farah Atassi et Ulla von Brandenburg

Au cœur de l’effervescence artistique contemporaine, une exposition exceptionnelle réunit deux artistes dont les univers distincts se croisent dans une danse visuelle envoûtante. Les peintures de Farah Atassi, d’une part, et les installations grandioses d’Ulla von Brandenburg, de l’autre, convergent vers une célébration commune du langage plastique abstrait. À travers une exploration captivante de la scène, du spectacle, de l’artifice et des ambiguïtés artistiques, l’exposition intitulée « La société des spectacles » offre une plongée profonde dans l’héritage moderniste, tout en défiant les frontières entre l’art et la vie.

Dans l’univers pictural de Farah Atassi, le rideau s’ouvre sur des scènes figées, où le temps semble suspendu. Les danseuses, bien que immobiles, émergent comme des formes saisissantes au sein d’une nature morte contemporaine. La grille, omniprésente en arrière-plan, devient le podium d’un formalisme célébré, renforçant la « théâtralité » de l’ensemble. Les danseuses, avec leur langueur captivante, englobent le spectateur dans une expérience immersive, brouillant les frontières entre le tableau et l’observateur.

Farah Atassi
Farah Atassi – Sleeping Acrobat – 2023 / Crédit Photo : Nicolas Brasseur

D’un autre côté, Ulla von Brandenburg invite le spectateur à pénétrer ses environnements, à traverser des toiles monumentales déployées avec majesté. Tout comme Farah Atassi, Ulla von Brandenburg puise dans un vocabulaire artistique diversifié, mêlant danse, musique et théâtre. Les spectateurs se trouvent immergés dans un parcours déconcertant de tissus colorés, vivant une expérience singulière de l’espace d’exposition. Les robes simultanées de Sonia Delaunay, réveillées dans le récent film « La fenêtre s’ouvre comme une orange », trouvent un écho dans les créations de Ulla von Brandenburg, évoquant le fantôme de figures féminines de la modernité.

Ulla von Brandenburg
Ulla von Brandenburg – Das Was Ist – 2020 / Crédit Photo : Aurélien Mole, Palais de Tokyo (Paris), 2010

Le dialogue entre ces deux artistes se manifeste également dans une réflexion commune sur l’espace, qui devient le fil conducteur de l’exposition. Les toiles immenses d’Atassi se fondent dans les installations de von Brandenburg, et vice versa, créant un jeu complexe entre l’intime et la mise en spectacle. Les visiteurs, guidés à travers un parcours visuel captivant, découvrent l’œuvre de chacune des artistes au détour d’une ouverture de rideau, révélant ainsi une relation symbiotique entre les deux univers. A découvrir à la Fondation Pernod Ricard du 13 février au 20 avril 2024.